La place du psychologue du travail en entreprise : remettre le travail au centre de l’analyse
- Mélanie Dauron

- 11 mai
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 11 mai
La place du psychologue du travail en entreprise reste encore relativement méconnue, notamment lorsqu’il intervient dans une approche de clinique du travail.
Les interventions du psychologue du travail sont souvent associées à la prévention des risques psychosociaux (RPS), au soutien psychologique ou à l’accompagnement de salariés en difficulté. Ces dimensions existent bien sûr, mais le travail clinique en entreprise ne consiste pas uniquement à accompagner des difficultés individuelles.
L’approche clinique du travail s’intéresse avant tout au travail réel : à ce que les personnes font concrètement pour réussir à tenir leur activité au quotidien.
Car travailler ne consiste jamais uniquement à appliquer des procédures ou exécuter des tâches prescrites. Dans la réalité, les professionnels doivent sans cesse composer avec des contraintes, arbitrer, contourner certaines difficultés, faire des compromis, ajuster leur manière de faire pour continuer à produire un travail qu’ils jugent acceptable ou de qualité.
Souvent, une partie importante de ce travail d’ajustement reste invisible.
Quand la difficulté parle aussi du travail
Derrière certaines situations qualifiées de :
« résistance au changement »,
« manque d’implication »,
conflits d’équipe,
perte de motivation,
ou épuisement professionnel,
il y a parfois quelque chose du travail qui ne peut plus être pensé ou discuté collectivement.
Les salariés parlent alors souvent moins « d’eux-mêmes » que de leur difficulté à pouvoir faire correctement leur travail.
Ils évoquent :
des contradictions permanentes,
un manque de temps ou de moyens,
des injonctions incompatibles,
une perte de sens,
ou encore le sentiment de ne plus pouvoir réaliser un travail dont ils puissent être fiers.
On parle alors parfois de travail empêché : un écart devenu trop important entre :
ce qui est demandé,
ce qu’il faudrait faire pour bien faire son travail,
et ce qu’il est réellement possible de faire dans les conditions actuelles.
Le rôle du psychologue du travail
Dans cette approche, le rôle du psychologue du travail n’est pas uniquement d’« écouter la souffrance ».
Il consiste aussi à soutenir des espaces où le travail peut être remis en discussion, pensé collectivement et mis en mots.
Ces espaces permettent parfois de remettre en circulation ce qui s’était figé :
tensions d’équipe,
conflits de critères de qualité,
difficultés organisationnelles,
perte de repères,
isolement,
ou sentiment de ne plus pouvoir « bien faire » son travail.
Les interventions peuvent prendre différentes formes :
entretiens individuels,
groupes de parole,
analyses de pratiques professionnelles,
interventions collectives,
observations du travail,
accompagnement des équipes et des collectifs.
Retrouver des marges de manœuvre
L’enjeu n’est pas de proposer des « solutions toutes faites » ou d’adapter les individus à n’importe quelles conditions de travail.
Il s’agit plutôt de permettre aux professionnels de retrouver des marges de manœuvre, du pouvoir d’agir, et parfois simplement la possibilité de débattre à nouveau du travail réel.
Car la souffrance au travail ne peut pas toujours être pensée uniquement sous l’angle individuel.
Et lorsque le travail redevient pensable collectivement, quelque chose peut parfois recommencer à bouger.
Basée à La Rochelle, j’interviens auprès des particuliers et des entreprises dans une approche de clinique du travail, en présentiel et à distance.



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